Interception d'un vol à destination de Madagascar
Dernière mise à jour : 20/06/02

Déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay
(Paris, 20 juin 2002)

Je vous rappelle comme le porte parole adjoint l'a précisé hier que : 'Début de citation 'Nous avons été interrogés ce matin sur un avion transportant des mercenaires français à Dar es Salam. Je suis maintenant en mesure de vous donner les indications suivantes:

Dès que nous avons été informés qu'un avion privé ayant à son bord des passagers aux intentions suspectes, volait à destination du territoire de Madagascar, nous avons immédiatement pris des dispositions appropriées afin d'interrompre ce vol en liaison avec les autorités en Afrique concernées par la route de cet avion.

A cette heure, cet avion effectue son retour en France avec ses passagers.

Cette affaire, et les informations dont je dispose maintenant, me conduisent à rappeler que la France condamne avec vigueur ce type d'action. La France ne saurait tolérer que son territoire soit utilisé pour des opérations de ce type. Elle réaffirme sa détermination à soutenir les efforts des responsables africains pour une solution politique, pacifique et africaine à la situation à Madagascar, dans la perspective de la réunion d'Addis Abeba du 21 juin. Fin de citation'

(Confirmez-vous que l'avion qui transportait des mercenaires vers Madagascar est bien arrivé en France ?)

L'avion bloqué à Dar-es-Salam est rentré en France, la nuit dernière, avec ses passagers.

(Les autorités françaises vont-elles prendre des mesures contre les passagers de cet avion ?)

Nous examinons les suites possibles à donner à cette affaire.

(Ou en est-on de la réconciliation nationale à Madagascar ?)

C'est là l'important. M. de Villepin poursuit ses contacts. Il s'est entretenu hier avec les présidents Eyadema, Wade et Bongo. L'essentiel est que la réunion demain, à Addis-Abeba, de l'organe central de l'OUA débouche sur un accord, sur une solution politique, africaine et pacifique.


 

Déclaration du porte-parole adjoint du Quai d'Orsay
(Paris, 19 juin 2002)

Nous avons été interrogés ce matin sur un avion transportant des mercenaires français à Dar es Salam. Je suis maintenant en mesure de vous donner les indications suivantes:

Dès que nous avons été informés qu'un avion privé ayant à son bord des passagers aux intentions suspectes, volait à destination du territoire de Madagascar, nous avons immédiatement pris des dispositions appropriées afin d'interrompre ce vol en liaison avec les autorités en Afrique concernées par la route de cet avion.

A cette heure, cet avion effectue son retour en France avec ses passagers.

Cette affaire, et les informations dont je dispose maintenant, me conduisent à rappeler que la France condamne avec vigueur ce type d'action. La France ne saurait tolérer que son territoire soit utilisé pour des opérations de ce type. Elle réaffirme sa détermination à soutenir les efforts des responsables africains pour une solution politique, pacifique et africaine à la situation à Madagascar, dans la perspective de la réunion d'Addis Abeba du 21 juin.


Réponses du porte-parole adjoint aux questions du point de presse
(Paris, 19 juin 2002)


Que savez-vous des informations faisant état du départ de Paris d'un avion transportant des mercenaires français à destination de Madagascar, affrêté par le président sortant Didier Ratsiraka. La France était-elle au courant d'un tel départ ?

Sur les faits eux-mêmes, je comprends qu'il s'agit d'un aéronef privé. Nous n'avons donc pas de commentaire particulier au delà des informations de presse que vous évoquez.

Pour nous, au delà de ce qui ne saurait être qu'une péripétie, l'important et la priorité restent aujourd'hui plus que jamais le traitement au fond de la situation à Madagascar.

La France note avec satisfaction que M. Marc Ravalomanana a donné son accord aux 'points essentiels' du plan de sortie de crise de Dakar II. Il a ainsi commencé à constituer le gouvernement de réconciliation nationale. Les deux parties doivent comprendre que l'intérêt de Madagascar leur commande de travailler dans le même sens pour la mise en oeuvre d'un accord politique ouvrant la voie au redressement du pays.

L'essentiel reste bien que le processus, tel qu'il résulte maintenant de l'appel de Libreville, doit être conduit à son terme c'est à dire que la réunion d'Addis Abeba débouche sur un accord, sur une solution politique, africaine et pacifique. Tout doit être fait pour réussir ce rendez-vous.

Aujourd'hui doit prévaloir le sens des responsabilités aussi bien des deux parties malgaches que de l'ensemble des pays africains.

Ceci requiert aussi le même esprit de responsabilité de la part de la communauté internationale qui doit être prête à se mobiliser dès le soir de la réunion d'Addis Abeba.

Si ces informations sont confirmées, qu'envisage de faire la France à l'encontre de M. Ratsiraka, en 'visite privée' à Paris. La France envisage-t-elle par exemple de l'expulser ?

Comme vous le reconnaissez vous-même, ces informations ne sont pas confirmées, votre question est d'autre part hypothétique. Je n'ai donc pas d'élément de réponse sérieux à votre question. Je vous rappelle que pour nous, l'important et la priorité restent aujourd'hui plus que jamais le traitement au fond de la situation à Madagascar.

 


Apaisement politique à Madagascar
Dernière mise à jour : 17/06/02

Déclaration du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères
(Paris, 17 juin 2002)

La France se réjouit de constater que l'évolution de la situation à Madagascar témoigne d'un réel souci d'apaisement de part et d'autre.

Elle se félicite que la réunion de l'organe central de l'OUA au niveau des chefs d'Etat ait été annoncée pour le 21 juin à Addis Abéba, conformément aux décisions prises à Dakar II.

Elle prend note enfin avec satisfaction de l'accord de Marc Ravalomanana, transmis samedi au président Wade, sur 'les points essentiels' du Plan élaboré à Dakar II : élections législatives anticipées garanties par la Communauté internationale, mise en place d'un gouvernement de réconciliation nationale sans exclusive.

S'inscrivant dans le droit fil de l'appel de Libreville et de la réunion de Dakar II, tous ces éléments convergent bien vers le succès d'une médiation africaine que la France continue de privilégier.

Il est essentiel que la communauté internationale conjugue ses efforts pour appuyer cette solution africaine, désormais proche de son terme.

Le ministre a évoqué hier soir ces différents points avec le président Wade, le président Bongo et le Secrétaire d'Etat américain, M. Colin Powell.


Madagascar : M. Ratsiraka en visite privée en France
Dernière mise à jour : 14/06/02

Réponses du porte-parole aux questions du point de presse
(Paris, 14 juin 2002)

La France a une politique ferme qui est illustrée par la démarche que M. de Villepin a mise en oeuvre en allant à Libreville puis à Dakar.

Dans l'intérêt du peuple malgache, dont la France est l'amie depuis toujours, nous voulons une solution pacifique et politique, une solution africaine, une solution rapide qui permette de mobiliser promptement l'aide internationale dont Madagascar a besoin.

La prochaine étape est la réunion de l'organe central de l'OUA. Nous attendons qu'une date soit fixée dans les meilleurs délais pour que cette réunion se tienne et qu'elle aboutisse à un accord. Nous sommes du côté de ceux qui cherchent une solution avec toutes les parties, nous suivons l'évolution de la situation et nous en tirerons toutes les conséquences. Tout cela veut dire qu'une décision africaine est maintenant urgente.

M. Ratsiraka est en France ?

Oui, mais ce n'est pas l'essentiel. M. Ratsiraka est arrivé ce matin à l'aéroport du Bourget, accompagné de membres de sa famille. Il a pris l'avion qui avait été affrété par la France et mis à disposition de l'OUA pour le transporter de Madagascar à Dakar, le ramener à Madagascar et qui rentrait ensuite en France.

Quels sont les motifs de cette arrivée à Paris ? Doit-il rencontrer quelqu'un ?

M. Ratsiraka s'est exprimé avant son départ de Madagascar, je vous renvoie à ses déclarations. Nous ne spéculons pas sur les déclarations qu'il a effectuées. Rencontrera-t-il quelqu'un à Paris ? Pour l'instant, pas à ma connaissance.

Quel est son statut ?

Il est titulaire d'un visa de circulation qui lui a été délivré en avril. C'est un visa de six mois, renouvelable, qui lui permet de venir librement.

A quel titre est-il accueilli en France ?

Il est là à titre privé.

Est-il logé par la France ?


Non.

Et concernant la réunion de l'organe central de l'OUA, elle devrait avoir lieu le 18 juin à Libreville?

Je ne suis pas en mesure de confirmer la date et le lieu de manière définitive, c'est à l'OUA à le faire, dans les meilleurs délais.

Les deux présidents doivent participer à cette réunion ou bien l'organe central doit se réunir sans eux?

C'est une question qui relève de l'OUA, il faut la poser aux artisans de cette rencontre, au président Wade et aux Chefs d'Etat facilitateurs. En bonne logique, je suppose que, s'il s'agit d'une réunion des chefs d'Etats, il serait normal que M. Ratsiraka et M. Ravalomanana y soient présents.

Et sur sa famille, on dit que ses enfants seraient déjà partis. pouvez-vous nous le confirmer ?

Non, je n'ai pas ces détails.

Mais, lorsque vous dites qu'il est là avec sa famille, à qui faites-vous allusion ?

Son épouse, sa fille.

Reste-t-il des membres de sa famille à Madagascar ?

Je ne sais pas.

Démentez-vous que M. Ratsiraka est ici en exil ?

Je ne spécule pas. Les seuls éléments que j'ai, ce sont les déclarations de M. Ratsiraka à Madagascar, avant son départ, elles ne vont pas du tout dans ce sens-là.

Comment interprétez-vous la levée des barrages dressés par les partisans de M. Ratsiraka ?

Je ne l'interprète pas, je ne peux que m'en féliciter puisque c'était prévu dans le processus de Dakar.

Ce matin, M. Ravalomanana a lancé un appel à l'unité, la France soutient-elle cet appel ?

La France soutient les efforts de médiation africains.

Mais pas l'unité de Madagascar ?

La France est toujours favorable à cette unité, cela va de soi, voyons !

Les efforts de médiation africains impliquent qui ? L'OUA ou également d'autres Chefs d'Etat comme le président Bongo ou le président Wade ?

Tout ceci fait partie du même ensemble. Il y a un groupe de Chefs d'Etat facilitateurs dont le coordinateur est le président Wade, qui agit au nom de l'OUA. A l'issue de la réunion de Dakar-2, le président Wade avait bien expliqué que les éléments du plan de sortie de crise, qu'il avait mis au point, devaient être maintenant transmis à l'OUA.

Le président Ratsiraka est-il le bienvenu en France ?

Il est en visite privée.


Situation à Madagascar
Dernière mise à jour : 11/06/02

Déclaration du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères
(Paris, 11 juin 2002)

Le ministre a eu des contacts téléphoniques hier soir et ce matin avec le Président Laurent Gbagbo, de Côte d'Ivoire, et le Président Sassou N'Guesso du Congo. Avec ses deux interlocuteurs, le ministre a évoqué la situation à Madagascar, mais aussi les relations bilatérales franco-ivoiriennes et franco-congolaises, notamment le point sur la coopération bilatérale entre la France, la Côte d'Ivoire et le Congo.


Plan de sortie de crise à Madagascar
Dernière mise à jour : 10/06/02

Déclaration du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères
(Paris, 10 juin 2002)

La France se félicite de la nouvelle rencontre entre MM. Ravalomanana et Ratsiraka à Dakar, sous l'égide du Président Wade, de l'OUA, de l'ONU et des Etats facilitateurs de l'accord de Dakar, qui a abouti à la formulation d'un plan de sortie de crise.

La France note avec intérêt que l'organe central de l'OUA pour la prévention et la gestion des conflits est appelé à se prononcer dans les meilleurs délais sur ce plan et à définir une position qui, comme le prévoit l'accord, sera transmise au Conseil de sécurité des Nations Unies.

La France tient à réaffirmer son appui aux efforts de médiation africaine. Nous en appelons une nouvelle fois au sens des responsabilités et à la retenue des Malgaches.

Par ailleurs, la France, face à la dégradation de la situation humanitaire à Madagascar, poursuivra son aide humanitaire : un nouvel avion devrait arriver prochainement à Madagascar avec des médicaments.


Réunion à Dakar entre MM. Ravalomanana et Ratsiraka

Déclaration du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères
(Paris, 07 juin 2002)


La France poursuit ses efforts pour rendre la réunion de Dakar 2 possible. Nous avons continué nos contacts avec tous nos partenaires africains et malgaches. La France envoie et a mis à la disposition de l'OUA, deux avions pour transporter MM. Ravalomanana et Ratsiraka à Dakar. Ces avions, qui viennent de partir aujourd'hui pour Madagascar, l'un à destination de Tananarive et l'autre à destination de Tamatave, transportent deux tonnes de médicaments qui sont essentiellement des kits sanitaires d'urgence OMS, destinés aux hôpitaux malgaches de ces deux villes et qui seront acheminés par des médecins français de notre assistance technique avec le concours des autorités locales. D'autres opérations humanitaires, notamment un prochain vol humanitaire, sont prévues la semaine prochaine pour couvrir l'ensemble des besoins médicaux de 28 centres de santé sur tout le territoire malgache. Au total, la France met en place, pour ce qui la concerne, toutes les conditions qui permettent à la réunion de Dakar de se tenir. Nous en appelons à l'esprit de responsabilité de chacun pour que cette réunion se tienne, qu'elle se tienne comme prévu, qu'elle se tienne demain.'

Pour les avions qui vont à Tamatave et Tananarive, ce sont ces deux avions qui ramèneraient éventuellement les deux présidents ?

Ils partent de Paris chargés de médicaments. Ils atterrissent sur place et ensuite ils sont disponibles pour M. Ravalomanana et M. Ratsiraka, pour aller à Dakar.

Est-ce que cela signifie que le président Ratsiraka n'est plus à Tananarive dans son palais et qu'il se trouve près de Tamatave, sa ville d'origine ?

Je ne suis pas au courant du dernier état de ses déplacements mais en tout cas, il est prévu, effectivement, qu'il embarque à Tamatave.

Ils sont partis vers quelle heure ?

En fin de matinée, il y a très peu de temps.


Visites de M. de Villepin à Libreville et à Dakar

Déclaration du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères
(Paris, 06 juin 2002)


J'attire votre attention sur les déclarations effectuées hier par le ministre des Affaires étrangères à Libreville, puis à Dakar à propos de la crise malgache, que vous trouverez au Bulletin d'actualités.

Comme l'a dit le Ministre :

'Cette crise est une préoccupation pour nous tous. Préoccupation d'autant plus grande que la détérioration de la situation à Madagascar s'accroît tous les jours. La détérioration est marquée par des affrontements, par des morts, ainsi que par une situation humanitaire et sanitaire très préoccupante.
L'esprit de responsabilité, la retenue, exigent aujourd'hui véritablement une action, une mobilisation. Je veux croire que les deux parties malgaches s'engageront à cet accord, et que l'on pourra conclure véritablement cette réunion de Dakar samedi prochain.'
La France appuie les efforts de médiation africains pour que les deux protagonistes se rendent à Dakar le 8 juin prochain.
Aucune condition préalable ne doit être avancée qui détourne de cet objectif.'


Point de presse du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie, M. de Villepin, à l'issue de sa rencontre avec le Président de la République du Sénégal, M. Abdoulaye Wade (Dakar, 5 juin 2002)

Déclaration du Ministre des Affaires étrangères, M. de Villepin
(Dakar, 05 juin 2002)

Je suis très heureux d'être ici à Dakar à l'invitation du Président Wade à l'occasion de mon premier déplacement sur le sol africain.

Nous nous sommes déjà rencontrés hier soir et ce matin à Libreville, vous le savez.

Nous avons prolongé cet entretien aujourd'hui pour évoquer ensemble les relations bilatérales franco sénégalaises qui, comme vous le savez, sont excellentes.
Mais je voudrais revenir sur ce qui est aujourd'hui l'objet premier de ce déplacement puisqu'il se situe au cœur de nos préoccupations communes à Libreville, à Dakar, à Paris comme dans la plupart des autres capitales, c'est la situation à Madagascar.

La situation sur place se détériore rapidement: chaque jour qui passe alourdit désormais le bilan des victimes des affrontements et des violences qui se multiplient, et aggrave le risque de crise humanitaire.

Hier, le Président Wade et le Président Bongo, en présence d'Amara Essy, Secrétaire Général de l'OUA, ont fait le point sur cette situation et lancé un appel solennel, de Libreville, à Messieurs Ratsiraka et Ravalomanana. Soulignant l'urgence de la situation, ils font appel à leur sens des responsabilités, à leur patriotisme et à la nécessité de faire preuve de retenue, afin de ne rien faire qui puisse compromettre la sortie de cette crise, car des solutions existent.
Une importante réunion est donc maintenant prévue samedi après midi à Dakar (plusieurs chefs d'Etat membres de l'OUA, y assisteront, ainsi que les deux protagonistes qui viennent de confirmer leur présence au Président Wade).
Il s'agit d'aboutir à cette occasion (qui est un peu la réunion de la dernière chance), à une solution politique dans le cadre du processus défini par Dakar I. (Sous l'égide du Président Wade dont je tiens à saluer la part personnelle qu'il continue de prendre pour le bon aboutissement de ce processus).
La France appuie pleinement ce processus: elle appuie donc la médiation africaine et fait confiance à l'esprit de responsabilité des Africains.
Elle remplira, pour sa part, le devoir d'amitié, de fidélité et de solidarité qui est le sien, et qu'elle entend pleinement respecter en liaison avec tous ses partenaires.
Aujourd'hui même, se tient à Bruxelles une réunion des représentants des 15 membres de l'Union Européenne:
- pour évoquer les perspectives ouvertes désormais par la réunion envisagée samedi prochain ici même;
- et pour étudier les mesures à prendre pour participer à la reconstruction de la grande Ile,
- dès lors qu'un accord politique aura été conclu.
Les différentes parties doivent se convaincre de l'urgence de la situation, et de l'exigence d'action qui est celle de tous aujourd'hui. Il n'y a plus de temps à perdre. Je voudrais, pour conclure, remercier à nouveau le Président Wade pour les efforts qu'il déploie et pour l'accueil qu'il a su réserver, en si peu de temps, à moi-même et à la délégation qui m'accompagne.


Rencontres de M. de Villepin avec les Présidents Bongo et Wade

Réponses du porte-parole adjoint au questions du point de presse
(Paris, 05 juin 2002)

Comme vous le savez, à l'occasion de son premier déplacement en Afrique, le ministre a été reçu hier par le président Bongo, à Libreville. Dans la capitale gabonaise, il a également rencontré le président du Sénégal M. Wade et le Secrétaire Général de l'OUA M. Essy. Les entretiens de M. de Villepin avec ses interlocuteurs lui ont permis de travailler sur le dossier de Madagascar. Le ministre poursuit aujourd'hui son voyage à Dakar.
Comme vous le savez, les présidents Bongo et Wade ont lancé un appel pressant depuis Libreville pour que les protagonistes de la situation à Madagascar fassent preuve d'un sens élevé de responsabilité et de retenue, et soient présents à Dakar samedi prochain, pour conclure un accord politique qui règle enfin ce terrible différend dans le cadre du processus de Dakar. Cet appel est une contribution importante à la relance d'un processus politique. Celui-ci relève de la responsabilité des Africains. A Libreville, le ministre a rappelé 'l'inquiétude de la France devant la dégradation de la situation à Madagascar et des conséquences humanitaires pour la population malgache.' Il a également souligné que 'la France appuie fortement ces efforts, elle soutient la mobilisation de la communauté internationale pour oeuvrer, dès qu'un accord sera conclu, à la reconstruction dont Madagascar a besoin. Nous sommes prêts à y contribuer.'

Avez-vous une déclaration sur la réunion de Libreville ? Qu'a dit le ministre à sa conférence de presse ?

Je tiens à votre disposition 'L'appel de Libreville' que les présidents du Gabon et du Sénégal ont rendu public ce matin. S'agissant du texte des propos de M. de Villepin au point de presse qu'il a fait avant de quitter Libreville, vous voudrez bien le trouver ci-après.
Début de citation : 'Je suis très heureux d'être ici à Libreville au Gabon pour ce premier déplacement en Afrique. Je remercie le président Bongo et les Gabonais pour leur accueil. Comme vous le savez, la presse s'en est fait l'écho, le président Wade et le Secrétaire Général de l'OUA, M. Essy, sont également ici à l'invitation du président Bongo.
Les entretiens que j'ai eus sur place ont permis de travailler sur le dossier de Madagascar.
La France est très inquiète de la dégradation de la situation à Madagascar et des conséquences humanitaires pour la population malgache. Ce sentiment d'urgence a conduit le président Bongo en présence du président Wade et de M. Amara Essy à lancer un appel pressant depuis Libreville pour que les protagonistes fassent preuve d'un sens élevé de responsabilité et de retenue, afin qu'ils soient à Dakar samedi prochain, pour conclure un accord politique qui règle enfin ce terrible différend dans le cadre du processus de Dakar.
La France appuie fortement ces efforts, elle soutient la mobilisation de la communauté internationale pour oeuvrer, dès qu'un accord sera conclu, à la reconstruction dont Madagascar a besoin. Nous sommes prêts à y contribuer.
J'ai eu aussi un entretien bilatéral avec le président Bongo, nous avons procédé à un tour d'horizon des relations bilatérales entre la France et le Gabon, qui sont excellentes.'
Fin de citation.


Réponses du porte-parole adjoint au questions du point de presse
(Paris, 04 juin 2002)

A la suite de plusieurs contacts téléphoniques notamment avec les présidents Bongo et Wade, le ministre des Affaires étrangères, M. Dominique de Villepin sera ce soir à Libreville où il rencontrera le président Bongo pour évoquer avec lui la question de Madagascar.
Demain, le ministre se rendra à Dakar pour un entretien avec le président Wade, consacré également à Madagascar.
A l'heure où les affrontements s'aggravent et où la situation humanitaire se détériore, les efforts de médiation en cours, que la France appuie pleinement, doivent aboutir le plus rapidement possible à une solution politique acceptable pour toutes les parties et conforme au principe de démocratie.
C'est dans l'esprit d'aider et d'appuyer les efforts de médiation en cours que M. de Villepin effectue ce déplacement.

Ils n'iront pas à Madagascar ? Le ministre fera-t-il un point de presse ?

Non.
Compte tenu des horaires, il est peu probable que le ministre ait un contact avec la presse ce soir, à Libreville, en revanche, très certainement demain matin, avant de quitter la capitale gabonaise. C'est à voir, en liaison avec notre ambassade sur place. D'autre part, le ministre rencontrera vraisemblablement la presse demain à Dakar.

Pourquoi le ministre va-t-il voir le président Bongo, puisque jusque là le président Bongo n'est pas impliqué ? Le président Wade, oui, l'OUA également. Pour vous, Bongo se met aussi dans la partie diplomatique ?

Il faut le lui demander. En tous les cas, il y a eu plusieurs contacts téléphoniques du ministre avec des responsables africains, dont les présidents Bongo et Wade et c'est à l'occasion de ces entretiens que le principe de ce déplacement a été décidé.

A quel titre voit-il le président Bongo ? Et pourquoi le président Bongo ?

Il le voit parce que le président Bongo est un sage qui a une grande expérience et qui jouit d'un grand respect en Afrique. C'est précisément dans le souci d'aider et d'appuyer les efforts de médiation en cours que le ministre effectue ce déplacement.

Il sera demain à Dakar, c'est cela ?


Absolument. Il arrive aujourd'hui en fin d'après-midi à Libreville où il aura un entretien avec le président Bongo. Il passe la nuit sur place et part demain sur Dakar. Il serait en principe de retour sur Paris dans la journée de demain.

Où se trouve M. Ratsiraka ? Est-il encore en France ?

Non, il est à Madagascar, du moins à ma connaissance.

C'est certain ?

Je pense qu'il est à Madagascar.

Pourquoi la France ne demande-t-elle pas à M. Ratsiraka de lever les barrages, avec plus de fermeté et ne fait-elle pas pression sur lui ?

Sur tout ce qui est actes de violence, sabotages de ponts, barrages, etc., nous nous sommes exprimés à de très nombreuses reprises là-dessus. Notre position est donc bien connue par tous et nous avons eu l'occasion de la manifester clairement.

Mais pas au-delà de la déclaration de principe, ou par des pressions sur lui directement?

Ce qui nous importe c'est de bien faire passer le message. Je crois qu'en l'occurrence les déclarations du porte-parole du Quai d'Orsay sur ces aspects-là ont été bien reçues là-bas. D'autre part, ce qui nous anime et en particulier le ministre, c'est de chercher à aider et appuyer les efforts en cours en vue de favoriser une solution politique.

La France n'envisage pas directement de faire une médiation ?

Le but du voyage, c'est de s'entretenir de cette question qui devient chaque jour de plus en plus préoccupante sur le terrain, avec le président Bongo et le président Wade. L'esprit qui anime la démarche du ministre, c'est précisément d'aider, d'appuyer les efforts en cours.

Qui est le président malgache pour la France aujourd'hui ? Je sais que la France reconnaît les Etats et pas les gouvernements et les Chefs d'Etats, mais avec qui la France traite-t-elle aujourd'hui ? Est-ce que le président de Madagascar pour les Français est M. Ratsiraka ou M. Ravalomanana ?

Nous nous sommes déjà exprimés sur cette question à de très nombreuses reprises. Je crois que ce qu'il faut retenir aujourd'hui, c'est la nature très préoccupante de la situation à Madagascar actuellement, tant sur le plan sécuritaire que sur le plan humanitaire, économique et social et la situation se détériore très gravement. Ce qui nous anime, et cela a été rappelé par nous-mêmes ici depuis longtemps, c'est que les responsables malgaches fassent preuve de sens des responsabilités, soient sensibles aux intérêts du peuple malgache et, en ce qui nous concerne, de faciliter tout ce qui pourrait favoriser la réconciliation à Madagascar. La démarche du ministre, c'est d'aider et d'appuyer les efforts de médiation en cours.

Estimez-vous que les torts sont partagés dans cette crise ?

Nous ne nous situons pas dans cette logique. Nous sommes animés par le souci d'aider aux efforts en cours pour que précisément un terme soit mis à la détérioration de la situation actuelle à Madagascar dont hélas la population civile est la première victime. Nous cherchons donc à aider à la réconciliation de ce pays.

Y a-t-il des consignes pour les ressortissants français ?

Elle n'ont pas changé pour le moment, mais nous sommes très vigilants. Vous savez que pour nous la sécurité de nos compatriotes à l'étranger est l'une des missions prioritaires de cette maison.

Il n'y a pas de risques pour les Français ?

Ils sont informés des risques. Notre ambassade veille à cela de près. Je vous renvoie, par ailleurs, au site internet www.france.diplomatie et à la rubrique Conseil aux Voyageurs.

 

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