Le camp Ratsiraka rejette d'avance les résultats de la présidentielleAFP 26.04.2002 ANTANANARIVO (AFP) - Le camp du président sortant de Madagascar Didier Ratsiraka a annoncé vendredi à l'AFP qu'il rejetait par avance les résultats officiels de la présidentielle qui seront proclamés lundi et qu'il maintiendra les barrages routiers qui asphyxient la capitale Antananarivo. Les proches et conseillers de M. Ratsiraka interrogés par l'AFP se sont dits persuadés que la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) qui doit prononcer lundi les résultats s'apprête à déclarer le "président" autoproclamé Marc Ravalomanana élu au premier tour de la présidentielle du 16 décembre 2001. "Nous récusons la composition de la HCC et refusons par avance ces résultats", a déclaré à l'AFP un très proche collaborateur du président sortant. "Si Marc Ravalomanana est proclamé président lundi, nous retournerons à la situation de conflit d'avant l'accord de Dakar", prédit-il. "Nous avons déposé une requête en récusation des membres de la HCC et nous récusons par avance le décompte des suffrages auquel elle se livre parce qu'il n'est pas contradictoire et se déroule hors la présence de représentants de M. Ratsiraka", estime le sénateur Annick Dahy, fidèle de l'amiral Ratsiraka, au nom des gouverneurs ratsirakistes des cinq provinces autonomes du pays. "Nous ne lèverons pas les barrages routiers, même après ces résultats, tant qu'il n'y aura pas de retour à la légalité, notamment la disparition du gouvernement insurrectionnel de M. Ravalomanana", ajoute Mme Daahy, conseiller du gouverneur de Toamasina, le grand port de la côte est, bastion du camp Ratsiraka. Le nouveau "décompte contradictoire" des suffrages du premier tour de la présidentielle du 16 décembre 2001 est l'une des clauses de l'accord signé le 18 avril à Dakar par MM. Ravalomanana et Ratsiraka et contresigné par quatre chefs d'Etats africains, le secrétaire général de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) et le représentant de celui de l'ONU. En vertu de l'accord de Dakar, si aucun des deux rivaux n'obtient la majorité absolue, un gouvernement de transition composé à parité par les deux camps sera mis en place avec pour tâche principale d'organiser dans les six mois un référendum pour départager les deux candidats. "M. Ratsiraka ne pourra rien faire si M. Ravalomanana est proclamé car il a toujours respecté sa signature et sa parole. Il est, de fait, prisonnier de l'accord mais cela n'empêchera pas son camp de rejeter l'arrêt de la HCC et de refuser de lever les barrages", a averti le conseiller de l'amiral, considéré comme un ratsirakiste "modéré". "S'ils se prononcent lundi, c'est que le résultat était connu d'avance", a-t-il accusé. Les gouverneurs ratsirakistes des cinq provinces ont déposé dans la semaine devant la HCC une requête en récusation des membres de la HCC, au motif que quatre d'entre eux ont participé à l'"investiture" de M. Ravalomanana comme président le 22 février dernier. M. Ratsiraka, en France depuis la signature de l'accord, n'a fait aucune déclaration. Les barrages ratsirakistes sont toujours en place alors que le texte de Dakar imposait leur levée "dès la signature". |