Levée des barrages: pression internationale en vueMidi
Madagasikara (Antananarivo) 25 Avril
2002 Val Andriamahaitsimiavona Une semaine après la signature de l'Accord de Dakar, le barrage de Brickaville a été renforcé par les partisans de Didier Ratsiraka. Les passagers et voyageurs venus de Toamasina pour se rendre à Antananarivo, grâce à un transbordement, ont été refoulés hier à Brickaville, faute de « laissez-passer » octroyé par le gouverneur le plus célèbre de Madagascar, et peut-être dans le monde, Samuel Lahady. C'est une manière pour les pro-Ratsiraka de la région de signifier leurs remontrances à l'égard dudit Accord et, pour une partie des extrémistes, à l'égard de Didier Ratsiraka lui-même. Pression Indirecte La non application de la convention de Dakar par le camp de Didier Ratsiraka fait actuellement le tour du monde. Les responsables du comité de soutien de Marc Ravalomanana en Europe s'activent, en ce moment, pour sensibiliser la communauté internationale. Pour eux, la particularité de l'Accord se situe dans le fait qu'il a été conclu, entre deux nationaux, dans des conditions qualifiées d'internationales. La convention a été signée, en terre étrangère, par les deux protagonistes ainsi que par des chefs d'Etat et de très hauts responsables de l'OUA. Le camp Ravalomanana envisage ainsi de rédiger une lettre, pour ne pas dire « requête » dénonçant les entraves à l'application dudit accord. La disposition prise par l'Union Européenne (CF Midi d'hier), en vue de contribuer aux réhabilitations des infrastructures détruites, traduit déjà une pression indirecte de la part de la communauté internationale. L'Union se remet aux termes de l'accord et, sans le dire haut et fort, exerce ainsi un effet psychologique, une pression intelligente et diplomate, à l'endroit de ceux qui tergiversent et rechignent à se soumettre aux textes de l'Accord. Lundi, le président du Sénégal Abdoulaye Wade a demandé aux ministres des Affaires étrangères du Sénégal, du Mozambique, du Gabon, du Bénin et de la Côte-d'Ivoire de se rendre à Madagascar. M. Wade en a informé le secrétaire général de l'Organisation de l'Unité Africaine, Amara Essy. Quant à la France, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, François Rivasseau, a déclaré : "Nous invitons à nouveau les deux protagonistes à mettre en oeuvre l'accord du 18 avril, afin notamment de garantir la paix civile, le respect des principes démocratiques et l'activité économique. Nous notons avec satisfaction l'arrêt des violences depuis le 18 avril. Mais les autres dispositions de l'accord doivent être appliquées sans délai". Sauver l'économie Aussi bien dans le camp de Marc Ravalomanana que dans celui des militants Arema « modérés », on envisage la solution de « l'envoi des casques bleus de l'ONU à Madagascar », pour faire respecter les termes de l'acte de Dakar. Cette catégorie de personnalités, renforcée par une partie du secteur privé, estime que « l'OUA doit prendre ses responsabilités, après avoir cautionné l'Accord avec les deux protagonistes, pour sauver l'économie malgache, et qu'après la signature à Dakar, Madagascar est en droit de réclamer cette voie ». L'Accord a pris en compte l'arrêt de la Chambre administrative pour établir les termes de son premier article. Ce qui signifie que les signataires se plieront de facto aux résultats du décompte contradictoire que la HCC aura à proclamer. Si les 5 gouverneurs réclament la démission du gouvernement Sylla (au profit naturellement du gouvernement sortant Andrianarivo, ce qui paraît impensable car cela signifierait blocage de la machine administrative ), ils omettent, par ailleurs, de faire arrêter les auteurs des actes de violence perpétrés par leurs proches dans plusieurs régions de l'Ile et évitent d'évoquer toutes poursuites contre les initiateurs des faits qualifiés de « crimes contre l'humanité » dont la cible a été Antananarivo. Ces choses-là n'ont pas été réglées à Dakar. Tout comme la dissolution du gouvernement Sylla. Mais pour respecter les termes exacts de l'Accord, le camp de Marc Ravalomanana a tout simplement choisi de s'y conformer. |