Un "gouvernement de réconciliation" pour Madagascar

tf1-LCI - 23.04.2002

Ratsiraka et Ravalomanana, les deux rivaux pour la présidence de Madagascar, sont parvenus à un accord. Réunis à Dakar sous le patronnage de l'OUA, ils ont accepté le principe d'un nouveau décompte des voix et d'un gouvernement d'union nationale de transition.

Les efforts de médiation du président sénégalais, Abdoulaye Wade, et du secrétaire général de l'Organisation de l'Unité africaine, Amara Essy, semblent porter leurs fruits. Sous l'égide de l'organisation panafricaine, le président sénégalais tentait depuis deux jours de rapprocher les positions des deux "présidents" qui, en près de trois mois, ont installé Madagasacar dans une crise institutionnelle. Affirmant l'un, sa "légalité" et l'autre, sa "légitimité" depuis la présidentielle du 16 décembre 2001 et ses résultats officiels contestés, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana ont créé à Madagascar une situation explosive qui a déjà engendré des scènes de violences et fait des morts aussi bien civils que militaires.

Ce jeudi, les deux protagonistes de la crise à Madagascar, les présidents sortant Didier Ratsiraka et autoproclamé Marc Ravalomanana, ont signé à Dakar un accord prévoyant la mise en place d'un gouvernement de réconciliation. L'accord se fonde également sur l'arrêt de la Chambre administrative de la Cour suprême malgache, qui a annulé cette semaine les résultats de l'élection du 16 décembre, et "implique un nouveau décompte contradictoire des voix".

Les termes de l’accord

"Les partis conviennent que dans l'hypothèse où aucun candidat n'a obtenu la majorité requise pour être élu au premier tour de scrutin", indique le texte de l'accord, "un référendum populaire portant sur le choix entre les deux candidats sera organisé (...) dans un délai de six mois maximum."

Le Premier ministre du futur gouvernement de réconciliation nationale de transition sera désigné par Ratsiraka et Ravalomanana, les noms des ministres de l'Intérieur et des Finances étant proposés par Ravalomanana. Le reste du gouvernement sera composé de personnalités désignées d'un commun accord par les deux "présidents". Selon le texte, les deux parties conviennent en outre, "à la proclamation des résultats, de mettre en place un conseil supérieur de la transition, dont la mission est de veiller au bon déroulement de la transition". Marc Ravalomanana "est désigné en qualité de président de cette institution, avec rang protocolaire de 2ème personnalité de l'Etat".