Les durs du régime attendent le retour de Didier Ratsiraka

Madagascar - Brickaville : le barrage n’a pas été levé

clicanoo 22.04.2002 (automatische Übersetzung hier...)

Le camp de Didier Ratsiraka maintenait toujours hier les barrages routiers qu’il a édifiés pour asphyxier la capitale, trois jours après la signature d’un accord qui prévoyait leur levée immédiate. “Pas question de les lever avant le retour du président Ratsiraka, nous l’attendons pour avoir des précisions”, a déclaré une porte-parole de Samuel Lahady, gouverneur de la province de Toamasina, fief de M. Ratsiraka. M. Ratsiraka est en séjour privé en France depuis la fin du rendez-vous de Dakar, où l’accord avec M. Ravalomanana a été conclu. M. Lahady, l’un des plus fidèles lieutenants du président sortant, parle au nom des gouverneurs des cinq provinces du pays, a précisé la porte-parole. “Le barrage de Brickaville reste comme d’habitude, la situation est calme et il ne sera pas levé aujourd’hui”, a déclaré un responsable de la gendarmerie de Brickaville. Le barrage de Brickaville, tenu par des militaires lourdement armés, fidèles à M. Ratsiraka et au gouverneur Lahady, est la pièce maîtresse du blocus d’Antananarivo et des hauts plateaux de l’île.
Le camp Ratsiraka ne mettra pas l’accord en application “tant que l’on ne respecte pas la légalité”, a encore déclaré la porte-parole de M. Lahady, en citant l’installation d’un représentant de M. Ravalomanana dans le bureau du gouverneur de Fianarantsoa, fidèle au président sortant.
____________________

AMARA ESSY (OUA) : "UN ACCORD TRÈS FRAGILE"

Le secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine, a déclaré hier lors d’un déplacement au Burkina Faso que l’accord de Dakar était “extrêmement fragile” et qu’il dépendait entièrement de la bonne volonté des deux signataires. M. Essy a ajouté que l’OUA allait prochainement envoyer des émissaires pour aider à sa mise en place. Interrogé sur le fait que des partisans des deux camps n’avaient pas très bien accueilli l’accord, M. Essy a ajouté que “la situation était très complexe. Le ressentiment est si fort entre les deux camps que je ne suis pas surpris par de telles réactions. Les deux hommes vont devoir longuement s’expliquer devant leurs partisans ; cela prend du temps.”
“Il est clair que les deux parties n’étaient pas entièrement satisfaites de cet accord. A la fin, chacune a dû faire des concessions au nom de l’intérêt supérieur du pays”, a-t-il précisé avant de nier que l’accord laissait pendante la question de savoir qui devait gouverner avant le second tour. * “Selon l’accord, M. Ratsiraka doit rester à son poste jusqu’aux élections”, a conclu M. Essy.
— * Le journaliste africain qui a interrogé Amara Essy n’évoque pas l’autre possibilité : que la Haute cour constitutionnelle, après un nouveau décompte des voix, déclare M. Ravalomanana vainqueur au premier tour avec plus de 50% des suffrages.