Le président autoproclamé demande la levée des barragesANTANANARIVO (AFP 22.04.2002) - Le "président autoproclamé" de Madagascar Marc Ravalomanana a demandé lundi aux partisans du président sortant Didier Ratsiraka de lever immédiatement les barrages qui asphyxient la capitale Antananarivo, conformément à l'accord signé le 18 avril à Dakar. "Il faut lever immédiatemment les barrages, nous l'avons fait de notre côté", a-t-il déclaré. Le texte de Dakar imposait la levée des barrages "dès la signature de l'accord". Lundi, le blocus routier d'Antananarivo était toujours maintenu. Dans la matinée, le camp Ravalomanana a annoncé la "levée des barrages de sécurité", dressés par la population dans la capitale et ses environs depuis le début de la crise pour parer à d'éventuelles attaques des partisans de M. Ratsiraka et filtrer le passage des camions et véhicules transportant des biens destinés au marché noir. M. Ravalomanana a réclamé la levée lundi du barrage de Brickaville, pièce maîtresse du blocus de la capitale par le camp Ratsiraka, sur la route entre Antananarivo et le grand port de Toamasina (est). "Il faudrait le lever aujourd'hui même", a-t-il affirmé. Dimanche, des proches collaborateurs du président sortant et du gouverneur de Toamasina, un fidèle, ont indiqué à l'AFP qu'il n'était pas question pour eux de lever les barrages avant le retour de M. Ratsiraka, en visite privée en France. "Il faut respecter l'accord de Dakar et la sagesse", a ajouté M. Ravalomanana, qui prône, après la levée des barrages, "le statu quo de la situation actuelle jusqu'à la proclamation des nouveaux résultats de la présidentielle". "Evidemment, je reste le président pour mes partisans et tous ceux qui m'ont élu à cette fonction, mais il faut comprendre que M. Ratsiraka le reste aux yeux de ses propres partisans", a déclaré M. Ravalomanana. "Il faut que l'on évite les provocations des deux côtés pour pouvoir faire appliquer cet accord", a poursuivi M. Ravalomanana. La Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a entamé un nouveau décompte des suffrages de la présidentielle du 16 décembre 2001, dont les résultats officiels avaient été contestés par M. Ravalomanana. Si aucun des deux
candidats n'obtient la majorité absolue, selon l'accord de Dakar,
un gouvernement de transition composé par les deux camps sera mis
en place avec pour principale tache d'organiser un référendum.
Le texte de Dakar a été signé par M. Ratsiraka en
tant que "président de la République" et par M.
Ravalomanana en tant que "candidat à la présidentielle". |