Ratsiraka-Bokassa : même combat ?

L collectif pour Madagascar soigne sa communication

clicanoo 21.04.2002

Ils ont beau être un simple collectif de militants pour la démocratie à Madagascar, ils n’en maîtrisent pas moins les règles élémentaires de la communication politique. Démonstration hier au Barachois…

oujours aussi déterminé dans son soutien à Marc Ravalomanana, le Collectif pour Madagascar s’est de nouveau rassemblé, hier après-midi, au Barachois. Avec en vedette américaine le dénommé Jacques Sylla, Premier ministre du président autoproclamé, qui a tenu, par téléphone, à expliquer à ses partisans réunionnais l’accord signé jeudi à Dakar.

La France croqueuse de diamants

Il faut avouer que depuis ce retournement de situation, le trouble règne dans certains esprits : “C’est vrai qu’au regard des derniers événements, on a eu du mal à admettre l’accolade entre Ravalomanana et Ratsiraka, confie Pierre Renaud, président du Collectif pour Madagascar.
Même si nous avons bon espoir de voir la situation se débloquer là-bas, nous préférons rester méfiants. Le combat que nous menons, c’est celui de la démocratie, pas seulement celui de monsieur Marc Ravalomanana.” Les esprits ont beau être chagrins, ils ne manquent pas d’humour. Quitte à verser dans la provocation. C’est ainsi qu’une large banderole préparée par le Collectif entendait hier revisiter l’Histoire : “1980 : Bokassa et ses diamants. 2000 : Ratsiraka et ses saphirs.” Explication de Pierre Renaud : “Nous sommes persuadés que si la France n’a jamais levé le petit doigt pour déloger Ratsiraka, c’est parce qu’il existait un important trafic de saphirs entre Madagascar et la métropole. Bien sûr, nous n’en avons pas la preuve.” D’où ce parallèle quelque peu osé avec Jean-Bedel Bokassa, ex-empereur de Centrafrique, qui, en son temps, avait défrayé la chronique avec ses rivières de diamants. Bref, dans cette histoire, la France joue une fois de plus le rôle ingrat de croqueuse de diamants. ou plutôt de saphirs… Et Pierre Renaud d’enfoncer le clou : “Sous prétexte de non-ingérence, la France s’est rendue coupable de non-assistance à peuple en danger.”
Quoi qu’il en soit, l’avenir immédiat du peuple malgache reste incertain. L’accord de Dakar permettra-t-il une réconciliation nationale ? Il faut l’espérer.
“Tant que le décompte des voix n’aura pas confirmé l’élection de Ravalomanana, nous resterons mobilisés”, insiste le Collectif pour Madagascar. Autrement dit, rendez-vous samedi prochain au Barachois.

Bertrand Duchet