Nouveau décompte contradictoire des voix, levée immédiate des barragesMidi Madagasikara 20.04.2002 Val Andriamahaitsimiavona Après deux jours de négociations intenses, le Président Marc Ravalomanana et l'Amiral Didier Ratsiraka ont signé hier, à l'hôtel Méridien, à Dakar, un accord tendant à résoudre le conflit politique actuel. La médiation conduite par le président sénégalais Abdoulaye Wade a donc porté ses fruits, malgré les inquiétudes des uns et des autres. L'accord en question prévoit principalement un nouveau décompte des voix de l'élection du 16 décembre. Dans le cas où aucun des deux candidats ne sort vainqueur, un référendum par lequel les Malgaches choisiront entre les deux candidats aura lieu dans un délai de six mois, dont l'organisation échoit à un gouvernement de réconciliation nationale, en présence des observateurs internationaux de l'OUA et de l'Union Européenne. « J'ai signé cet accord afin que la paix et la fraternité entre Malgaches soient rétablies et dans l'intérêt supérieur de la Patrie à travers l'unité nationale », a déclaré Marc Ravalomanana . « Que le peuple malgache reste serein. C'est une victoire pour nous. Une grande victoire dans la mesure où Didier Ratsiraka qui a rejeté la confrontation des PV s'y est finalement plié. Et comme le peuple est toujours confiant quant à une victoire de Marc Ravalomanana dès le premier tour, « premier tour dia vita », je n'ai pas d'inquiétude », nous a confié Norbert Lala Ratsirahonana, joint au téléphone à l'Hôtel Méridien de Dakar. « C'est aussi une victoire dans la mesure où le camp adverse s'est soumis à la levée immédiate des barrages, à l'arrêt immédiat de toutes les menaces et violences sur les personnes et les biens, le dynamitage des ponts, et au respect de la liberté de circulation des biens et des personnes », a-t-il ajouté avant de préciser que « si une partie ne respecte pas son engagement sur cette question, en violant l'Accord signé avec des chefs d'Etat étrangers, elle prend ses responsabilités ». Clairs et directs L'Accord de Dakar, en prenant comme référence l'arrêt n°4 du 14 avril de la Chambre administrative de la Cour Suprême (annulation du décret portant nomination et constatation des désignations des membres de la HCC, en toutes ses dispositions) dont l'application implique un nouveau décompte contradictoire des voix, subordonne donc toute autre suite aux résultats de cette confrontation. En termes plus clairs et directs, on ne parle ni d'un gouvernement de réconciliation nationale, ni d'un Conseil supérieur de la Transition, que si l'on est fixé sur les résultats du premier tour. Norbert Ratsirahonana précise : « Les articles 2, 3 et 4 de l'Accord ne sont plus applicables si un des candidats emporte l'élection dès le premier tour ». C'est pour dire que parler d'une Transition, demeure a priori hypothétique puisqu'elle dépend de la publication des résultats de la confrontation par la HCC. Majorité des Malgaches Interrogé sur
ce qui adviendra en attendant la proclamation des résultats par
la HCC, Norbert Ratsirahonana répond : « C'est le statu quo.
Cette question n'a pas été réglée à
Dakar. Le gouvernement Sylla reste en fonction. A chacun ses acquis, mais
dans le respect des termes de l'Accord notamment, l'article 5 ».
Cette déclaration explique donc que le gouvernement de réconciliation
nationale spécifié dans l'Accord de Dakar n'est opérationnel
que dans le cas où aucun des deux candidats n'obtient la majorité
absolue des voix au premier tour. « Marc Ravalomanana a toujours
déclaré qu'il se soumettra au verdict de la HCC si celle-ci
procède à la confrontation. Mais comme la majorité
des Malgaches, je crois en la victoire dès le premier tour de Marc
Ravalomanana ». Norbert Ratsirahonana, dans le souci simplement
de se situer dans l'Accord, a indiqué que « si jamais aucun
candidat ne sort vainqueur au premier tour, Marc Ravalomanana sera le
Président du Conseil Supérieur de la Transition, et je crois
que c'est un bon acquis ». Mais Norbert Ratsirahonana ne pense même
pas au référendum prévu par l'Accord. Contrairement
à ce que certains pensent, il ne s'agit pas d'un retour en arrière,
mais d'une consolidation des acquis d'une lutte menée par un peuple
qui aspire au changement. |