Le mercredi 17 avril 2002 / 05:31 - GMT+4  
Retour a la page d'accueil  
 
 Recherche:  
ARTICLE DU 17/04/2002
Océan Indien  
La flambée de violences à Madagascar, dont au moins deux femmes ont été les victimes hier à Fianar, rend plus nécessaires que jamais mais aussi plus difficiles les pourparlers prévus au Sénégal entre Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana.


REPÈRE

• LA GUERRE DES PONTS CONTINUE
Un nouveau pont a été détruit à l'explosif dans la nuit de lundi à mardi à environ 90 km au sud d'Antananarivo, sur une route nationale reliant la capitale aux villes du sud de Madagascar. “Le pont d'Ambohimandroso a été totalement détruit dans sa partie sud, on ne peut plus passer en voiture”, a indiqué la gendarmerie d'Ambatolampy, un village situé à 20 km au nord du pont.
“Des habitants nous ont prévenus qu'une explosion avait détruit le pont vers 3 h, ils ont vu une voiture mais ils n'ont pas pu l'identifier”, a-t-on ajouté. “Le pont est en trois morceaux”, a-t-on confirmé à l'état-major de la gendarmerie à Antananarivo.
Ce nouveau sabotage n'est pas revendiqué, mais il contribue à renforcer le blocus mis en place par le camp Ratsiraka pour asphyxier Tana. Ce blocus a été rendu possible grâce à des barrages routiers et des sabotages de ponts, la plupart du temps partiellement démontés ou barrés par des containers soudés à leur structure métallique.
Le 29 mars, sur la même route nationale, le grand pont de Fatihita, à environ 300 km au sud de la capitale, avait été partiellement détruit à l'explosif. La circulation avait été rétablie une semaine plus tard grâce à la construction d'un pont Bailey, une structure métallique temporaire. Samedi dernier, une tentative de sabotage avait échoué sur le pont du Mangoro, à environ 100 km d'Antananarivo sur la route de Toamasina : les charges explosives n'avaient que très légèrement endommagé un pilier métallique, et la circulation n'avait même pas été interrompue.


UN GÉNÉRAL ABATTU HIER SOIR À L'HÔPITAL DE FIANARANTSOA

Un général fidèle à Didier Ratsiraka a été tué par balles par trois hommes, hier soir, à l'hôpital de Fianarantsoa où il avait été transporté après avoir été blessé dans des violences (lire ci-dessus)
La victime est le général Raymond Randrianaivo, qui commandait des troupes envoyées en renfort vers Fianarantsoa pour prêter main forte au gouverneur "ratsirakiste", assiégé par des militaires, gendarmes et partisans de Marc Ravalomanana.
"Vers 19 h 30, trois personnes cagoulées sont entrées de force dans l'hôpital et ils l'ont exécuté à bout portant", a déclaré une source hospitalière.
Pety Rakatoniaina, haut fonctionnaire nommé par M. Ravalomanana pour remplacer le gouverneur de Fianarantsoa, a confirmé ces informations : "D'après moi, c'est un règlement de comptes entre militaires rebelles"…

Encore des morts et des blessés hier dans la Grande Ile

Mada, la spirale de la violence

(automtische Übersetzung ins Deutsche.....)


Une marchande de 16 ans et une femme de 31 ans ont été tuées dans la matinée à Fianarantsoa par les tirs à l'aveuglette de militaires pro-Ratsiraka qui tentaient de forcer un barrage tenu par des soldats, gendarmes, policiers et civils armés partisans de M. Ravalomanana.
La suite est un incroyable imbroglio. Ces mêmes militaires, qui sortaient du palais du gouverneur fidèle à M. Ratsiraka, assiégé par les pro-Ravalomanana, se rendaient à la rencontre d'un camion d'une vingtaine de militaires de leur camp envoyés en renfort, lesquels les attendaient à l'entrée de la ville.
Chacun des convois croyant être face à l'ennemi, les militaires pro-Ratsiraka se sont tirés dessus. Au moins un militaire, le général qui dirigeait les renforts, a été grièvement blessé d'une balle dans l'abdomen et d'une autre dans une jambe.
Fianarantsoa, la troisième ville du pays, est l'un des points de crispation de la crise et théâtre, depuis vendredi, des premiers combats meurtriers entre les deux factions de l'armée. Par ailleurs, dans la nuit de lundi à mardi, à quelque 340 km au nord de là, sur la route qui mène à Antananarivo, un pont important a été entièrement détruit à l'explosif (lire Repère). En représailles, des centaines de jeunes partisans de Marc Ravalomanana ont incendié hier matin les maisons du maire et d'un député du camp Ratsiraka à Antsirabe (160 km au sud d'Antananarivo). “Deux maisons ont brûlé et quatre voitures, mais il n'y a eu aucun affrontement et il n'y a pas de blessés”, a-t-on indiqué à la gendarmerie de la ville, contactée au téléphone. “Les maisons du maire, Armand Andriamiaramanana, et du député, Denis Razafimahafaly, ont été incendiées par la foule”, a précisé l'un des policiers. Les deux élus sont membres du parti du président Ratsiraka, l'Arema. “La maison de la sœur d'un autre député Arema a été saccagée et quatre voitures ont été sorties de son garage pour être brûlées sur une place”, a expliqué un habitant qui a assisté à la scène. “La foule cherchait les trois responsables politiques parce qu'elle les soupçonne d'être à l'origine du dynamitage du pont”, a indiqué un policier, ajoutant qu'aucun des trois hommes ne se trouvait sur place.

“DIFFICILE, VOIRE IMPROBABLE”

Dans ce contexte de violences, la rencontre prévue entre les deux rivaux sous les auspices du président sénégalais Abdoulaye Wade, sera “extrêmement difficile”, voire “improbable”, jugent plusieurs observateurs étrangers proches du dossier. M. Ravalomanana a été invité à la conférence du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) en tant que maire d'Antananarivo pour ne pas froisser M. Ratsiraka encore “officiellement” chef de l'État aux yeux de la communauté internationale. Mais il s'est présenté dans la capitale sénégalaise comme le “président” de Madagascar.
“Je ne crois guère que cette rencontre, si elle a lieu, puisse aboutir concrètement tant les deux parties campent sur leurs positions”, analysait un observateur étranger.
“La tâche de M. Wade sera extrêmement difficile”, a convenu un autre. M. Ravalomanana, qui s'est proclamé président le 22 février, n'entend pas renoncer à son titre, “pressé, voire pris en otage” par une large frange de la population. Il exige en préalable à toute discussion la levée des barrages routiers. Or tout le monde convient que le blocus d'Antananarivo est la dernière emprise du régime Ratsiraka sur le pays. L'amiral exige en préalable incontournable la dissolution du "gouvernement" de M. Ravalomanana. “La communauté internationale exerce de très sérieuses pressions sur les deux hommes pour les forcer à négocier”, a assuré un diplomate proche de la médiation qui se dit optimiste.
“Nous exigeons de M. Ravalomanana des explications sur sa légitimité car son avènement n'est pas légal au plan formel”, a expliqué un représentant de la communauté internationale.
“Mais nous exigeons de M. Ratsiraka qu'il mette fin à ses actes qui sortent clairement de la légalité, notamment les barrages, les sabotages, les chasses à l'homme et les violations des droits de l'Homme, dans le nord du pays en particulier”, a-t-il ajouté, avant de conclure : “Je suis pessimiste.”
____________________

LES DEUX "PRÉSIDENTS" AU SÉNÉGAL

Arrivés séparément dans la capitale sénégalaise, à près de quatre heures d'intervalle, le président sortant Didier Ratsiraka et le "président autoproclamé" Marc Ravalomanana ont été accueillis par le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, et le secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), Amara Essy. Sous l'égide de l'organisation panafricaine, le président sénégalais Abdoulaye Wade tentera de rapprocher les positions des deux "présidents".
Ratsiraka n'a fait aucune déclaration à la presse à son arrivée, se contentant juste de dire à ses hôtes qu'il était "content d'être accueilli chez (lui) à Dakar". Arrivé avant lui, son rival Ravalomanana, maire d'Antananarivo, s'était dit favorable à une médiation tout en précisant être dans la capitale sénégalaise en "tant que président" de la république malgache.Une source diplomatique sénégalaise a confié qu'il a montré à son arrivée à Dakar de "bonnes dispositions" pour négocier avec le camp adverse. De son côté, Amara Essy a affirmé qu'il faut d'abord "écouter les deux parties, analyser la situation et dégager des solutions consensuelles".
L'OUA avait, à la mi-mars, tenté une première médiation en envoyant sur place à Madagascar un groupe de contact. Ce groupe avait alors proposé "la mise en place sans délai d'un gouvernement de réconciliation nationale", chargé d'organiser "une consultation électorale républicaine, transparente, libre et juste. " Selon l'OUA, les Malgaches eux-mêmes devraient décider "de la forme que prendra cette consultation électorale, référendum ou réorganisation du scrutin présidentiel".
Cette première tentative de médiation était restée sans résultat.

 

| Sommaire | Retour |


A la Une - Archives | L'Agenda | Dossiers | L'Horoscope | Loto / keno / turf | Forums | Météo | Petites annonces
Réunion: L'histoire / Les personnages  | Les Randonnées  | Les bonnes adresses   | Vues du ciel
Retour en page d'accueil


2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île - Contact : info@clicanoo.com