Les présidents rivaux à Dakar sur fond de violences

AFP 17.04.2002

ANTANANARIVO (AFP) - Un général fidèle au président sortant de Madagascar, Didier Ratsiraka, a été tué mardi soir dans l'hôpital où il était soigné, alors que les deux protagonistes de la crise, le président sortant et le "président autoproclamé" Marc Ravalomanana, sont réunis à Dakar pour tenter une médiation.

La flambée de violences dont au moins deux femmes ont également été les victimes mardi rendait plus que nécessaires que jamais mais aussi plus difficiles les pourparlers entre les deux hommes.

Sous l'égide de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), le président sénégalais Abdoulaye Wade tentera de rapprocher les positions des deux "présidents" qui, depuis près de trois mois, ont installé Madagascar dans une crise institutionnelle. Affirmant, l'un sa "légalité" et l'autre sa "légitimité", depuis la présidentielle du 16 décembre 2001 et ses résultats officiels contestés, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana ont créé à Madagascar une situation explosive qui a déjà engendré des scènes de violences et fait des morts aussi bien civils que militaires.

La dernière victime est le général Raymond Randrianaivo, qui commandait des troupes envoyées en renfort vers Fianarantsoa pour prêter main forte au gouverneur "ratsirakiste", assiégé dans son palais depuis plus de quinze jours par des militaires, gendarmes et partisans de Marc Ravalomanana.

"Vers 19H00 (16H00 GMT), trois hommes portant des cagoules sont entrés de force dans l'hôpital et l'ont exécuté", a déclaré à l'AFP au téléphone un membre du personnel médical de l'hôpital de Fianarantssoa, ajoutant que "sept douilles ont été retrouvées" près du cadavre. L'information a été confirmée au téléphone à l'AFP par Pety Rakotoniaina, le haut fonctionnaire nommmé par le président auto-proclamé Marc Ravalomanana pour remplacer le gouverneur de Fianarantsoa.

Le général avait été blessé à l'aine dans la matinée lorsque deux groupes de militaires fidèles à M. Ratsiraka avaient échangé des coups de feu, croyant chacun être face à des forces pro-Ravalomanana.

Quelques minutes plus tôt, l'un des deux groupes avait tué par des tirs aveugles une marchande de 16 ans et une femme de 31 ans, en tentant de forcer un barrage tenu par des partisans de M. Ravalomanana, à la sortie de Fianarantsoa.

Fianarantsoa, la troisième ville du pays, est l'un des points de crispation de la crise, et le théâtre depuis vendredi des premiers combats meurtriers entre les deux factions de l'armée.