Madagascar: les résultats de la présidentielle annulés

mercredi 17 avril 2002, 15h28

ANTANANARIVO (AFP) - La Cour suprême de Madagascar a annulé mardi la proclamation des résultats officiels du premier tour de la présidentielle du 16 décembre 2001. Elle a confié le soin à une nouvelle cour d'effectuer un nouveau décompte des suffrages.

Ces résultats officiels, publiés par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), avaient placé le maire d'Antananarivo Marc Ravalomanana en ballotage favorable face au président sortant Didier Ratsiraka, contraignant les deux hommes à un second tour. M. Ravalomanana avait rejeté ces résultats, considérant l'avoir emporté dès le premier tour.

Marc Ravalomanana retournera aux urnes si les résultats officiels qui doivent être proclamés par une nouvelle cour ne lui donnent pas la majorité absolue au premier tour de la présidentielle, a aussitôt déclaré son "Premier ministre" Jacques Sylla.

Dans son arrêt, la chambre administrative de la Cour suprême confirme son arrêt du 10 avril qui annulait la composition de la HCC et "constate la nullité de l'arrêt du 25 janvier proclamant les résultats officiels du premier tour de l'élection présidentielle".

Pour éviter un vide juridique, elle remet en place l'ancienne HCC, nommée en partie sous le régime de M. Ratsiraka et en partie sous la présidence de son prédécesseur, Albert Zafy. De facto, le nouveau décompte des suffrages du premier tour ainsi que la proclamation des résultats officiels est confié aux neuf membres de cette ancienne HCC, estiment juristes et constitutionnalistes.

Parmi les neuf anciens membres de la HCC, cinq sont connus pour avoir été favorables à Ratsiraka. Les quatre autres sont considérés comme pro-Ravalomanana après avoir participé le 22 février, au sein d'un collège de hauts magistrats, à la cérémonie de son "investiture".

A Dakar, la médiation engagée mardi soir par plusieurs présidents africains entre les deux protagonistes de la crise à Madagascar, devait se poursuivre mercredi dans la capitale sénégalaise. Dans la nuit, les présidents sénégalais Abdoulaye Wade, ivoirien Laurent Gbagbo, béninois Mathieu Kérékou et mozambicain Joaquim Chissano, avaient rencontré séparément les deux hommes, arrivés dans la journée à Dakar.

"Ce n'est pas encore terminé, mais c'est en bonne voie", avait brièvement déclaré après l'entretien Marc Ravalomanana. "J'ai rencontré mes pairs", avait indiqué le président sortant Didier Ratsiraka, rappelant par là qu'il demeurait le chef de l'Etat.

Selon un observateur aux discussions, les deux "présidents" ne semblent pas avoir évolué dans leurs positions et la médiation pourrait être laborieuse.

Un autre observateur estimait cependant difficile d'imaginer qu'ils aient "traversé toute l'Afrique" sans avoir envie de faire avancer les choses. "Je pense qu'ils ont tous les deux envie de trouver un compromis", a estimé cette source, sous couvert de l'anonymat.