Madagascar: les protagonistes pourraient se voirAFP 17.04.2002 DAKAR (AFP) - Les deux protagonistes de la crise malgache, le président sortant Didier Ratsiraka et son rival, le "président autoproclamé" Marc Ravalomana, pourraient accepter de se rencontrer à Dakar, où ils sont arrivés mardi soir, alors qu'un général pro-Ratsiraka était exécuté dans un hôpital de Madagascar. "Aucun des deux n'exclut le principe", a affirmé le chef d'Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, affichant son "optimisme" de voir cette tentative de médiation aboutir. Cette médiation, sous l'égide de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), sera conduite par un "nombre limité de trois ou quatre chefs d'Etats" présents à Dakar, a expliqué à la presse le président sénégalais, sans préciser lesquels. Ces dirigeants africains sont venus à Dakar pour participer à une conférence sur le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), organisée lundi et mardi. Ils vont discuter avec les deux protagonistes, individuellement, avant de leur proposer une solution de sortie de crise, a précisé Wade. Selon le président sénégalais, les deux rivaux "seront plus à l'aise" à Dakar, où il y a "moins de pression" de leur entourage, ce qui pourrait créer un climat plus favorable au dialogue. Dans une brève déclaration à la presse, le président Ratsiraka a souhaité voir "la paix et une vie normale revenir à Madagascar", tout en se prévalant de sa qualité de "chef d'Etat". Son rival avait quant à lui indiqué, à son arrivée à Dakar, être disposé à la médiation. Mais il avait aussi tenu à rappeler qu'il était à Dakar "en tant que président" de la république malgache et non en tant que maire d'Antananarivo, poste qu'il occupait avant l'élection présidentielle contestée du 16 décembre 2001 et qui a plongé la grande île dans la crise. Marc Ravalomanana, rejetant les résultats de l'élection, s'était autoproclamé président le 22 février, refusant un second tour. Par ailleurs, un général fidèle au président sortant, a été tué mardi soir de sept balles tirées à bout portant par trois hommes, à l'hôpital de Fianarantssoa, dans le centre du pays, où il était soigné pour une blessure par balle. "Vers 19H00 (16H00 GMT), trois hommes portant des cagoules sont entrés de force dans l'hôpital et l'ont exécuté", a déclaré à l'AFP un membre du personnel médical, ajoutant que "sept douilles ont été retrouvées" près du cadavre. Les tueurs ont pris la fuite. La victime est le général Raymond Randrianaivo, qui commandait des troupes envoyées en renfort vers Fianarantsoa pour prêter main forte au gouverneur "ratsirakiste", assiégé dans son palais depuis plus de quinze jours par des militaires, gendarmes et partisans de Marc Ravalomanana. Le général avait été blessé à l'aine dans la matinée, lorsque deux groupes de militaires fidèles à Ratsiraka avaient échangé des coups de feu, croyant chacun être face à des forces pro-Ravalomanana. Quelques minutes plus tôt, l'un des groupes avait tué, par des tirs aveugles, une marchande de 16 ans et une femme de 31 ans, en tentant de forcer un barrage tenu par des partisans de Ravalomanana, à la sortie de Fianarantsoa. Ces militaires, qui sortaient du palais du gouverneur, se rendaient à la rencontre d'un camion d'une vingtaine de soldats envoyés en renfort et commandés par le général Randrianaivo. Chacun des convois croyant avoir affaire à l'ennemi, les militaires pro-Ratsiraka se sont tiré dessus. Fianarantsoa, troisième
ville du pays, est l'un des points de crispation de la crise, et le théâtre
depuis vendredi des premiers combats meurtriers entre les deux factions
de l'armée. |