L'Afrique aux investisseurs: besoin de vous, besoin de nousDAKAR (AFP - 16.04.2002) - L'Afrique "a besoin de vous, et vous avez besoin de l'Afrique", ont entendu lundi plusieurs centaines d'investisseurs privés réunis à Dakar pour la conférence internationale sur le financement par le secteur privé du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). "Travaillons ensemble, pour construire une nouvelle Afrique !", a déclaré le Sud-Africain Wiseman Nkulhu, qui préside le "comité de pilotage" du NEPAD, un plan adopté l'année dernière par les dirigeants africains afin de sortir le continent de la pauvreté et du cercle vicieux de l'endettement. Pour faire connaître le NEPAD et "nouer le contact" avec le secteur privé mondial, le président sénégalais Abdoulaye Wade a eu l'idée d'organiser la conférence de Dakar, à laquelle ont répondu présents une quarantaine de dirigeants politiques africains --dont une douzaine de présidents-- et plus d'un millier d'autres personnes, dont 500 représentant le monde des affaires. Certains "poids lourds" du NEPAD, tels les présidents Thabo Mbeki d'Afrique du Sud, Olusegun Obasanjo du Nigeria, Abdelaziz Bouteflika d'Algérie, n'ont cependant pas fait le déplacement, incitant certains journaux sénégalais à commenter de supposées brouilles avec le président Wade. Prévue pour durer deux jours, cette conférence se veut aussi "concrète" que possible, avec des ateliers thématiques consacrés à des secteurs de développement jugés prioritaires par le NEPAD: infrastructures, agriculture, nouvelles technologies, énergie, environnement. Mais avant d'assister à ces ateliers, les participants ont d'abord dû affronter lundi une longue attente --deux heures de retard sur l'horaire prévu-- suivie d'une longue cérémonie d'ouverture complétée d'une session plénière. Devant une assistance assoiffée, serrée dans le grand amphithéâtre du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), plusieurs chefs d'Etat et représentants du secteur privé étranger ont pris la parole pour dire leur "espoir" face à ce NEPAD. Le président kényan Daniel arap Moi s'est déclaré navré que "l'Afrique soit encore perçue comme une destination risquée pour les investissements étrangers" et a rappelé qu'en adhérant au NEPAD, les Africains s'engageaient à pratiquer "la bonne gouvernance" et à offrir aux investisseurs la possibilité de faire de bonnes affaires chez eux. Umberto Paolucci, un des vice-présidents du groupe américain Microsoft (New York: MSFT - Actualité) , a relevé que "seulement un demi-million d'Africains ont accès à Internet". Or, a-t-il ajouté, "l'Afrique ne peut pas se permettre" de manquer le train des nouvelles technologies. Le Français Michel Roussin, responsable du MEDEF International (patronat), a quant à lui estimé qu'un "partenariat bien compris entre public et privé" était un bon "instrument de développement durable", le "tout privé" n'étant pas la meilleure option selon lui, au vu des "réalités socio-économiques". Il a également jugé que l'investissement étranger était certes un "vecteur" essentiel de "transfert de technologie", mais que le secteur privé local devait lui aussi investir en Afrique. "Nous proposons un partenariat, nous ne quémandons pas de l'argent", a de son côté insisté le président sénégalais, en évoquant encore une fois "l'échec" du binôme aide-crédit. La conférence de Dakar, selon M. Wade, ne vise pas à permettre à chaque investisseur de repartir chez lui "avec un projet en poche". "Mais nous espérons que quand vous rentrerez chez vous, vous vous direz qu'il y a effectivement des choses à faire en Afrique". En marge de la conférence,
M. Wade espère par ailleurs tenter une médiation dans le
conflit en cours à Madagascar, dont il a invité les deux
protagonistes. Le "président" autoproclamé Marc
Ravalomanana, a quitté Madagascar lundi matin pour Dakar. Le président
sortant Didier Ratsiraka pourrait également se rendre dans la capitale
sénégalaise. |