Possible rencontre
Ravalomanana-Ratsiraka à Dakar
ANTANANARIVO (AFP-15.04.2002)
- L'évolution de la crise à Madagascar, après des
affrontements sanglants entre militaires, était suspendue lundi
à l'éventualité d'une rencontre à Dakar entre
le président sortant Didier Ratsiraka et le "président"
autoproclamé Marc Ravalomanana.
Au moins une vingtaine
de jeunes partisans du "président autoproclamé"
de Madagascar, Marc Ravalomanana, ont été blessés
lundi à Mahajanga (nord-ouest) par les forces de l'ordre qui ont
dispersé leur manifestation, a-t-on appris de source hospitalière
et auprès d'habitants de cette localité.
M. Ravalomanana a
quitté Antananarivo lundi pour la capitale sénégalaise
à bord d'un avion affrété par l'Organisation de l'Unité
Africaine (OUA), médiateur depuis le début de la crise.
M. Ratsiraka devait
s'envoler lundi soir ou mardi matin pour Dakar, où se tient la
conférence internationale sur le financement privé du Nouveau
partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).
"Au moins, la
situation restera calme à Madagascar durant leur séjour
là-bas et cela sera déjà un grand pas", a assuré
à l'AFP José Andrianoelison, l'un des ses conseillers.
De sources diplomatiques
concordantes, on souligne toutefois que le déplacement des deux
hommes ne signifie pas nécessairement que la rencontre, organisée
par le président sénégalais Abdoulaye Wade, aura
lieu. Depuis le début de la crise, MM. Ravalomanana et Ratsiraka
ont annulé à plusieurs reprises des tête-à-tête
au dernier moment.
Les deux rivaux se
sont rencontrés pour la dernière fois sous l'égide
de l'OUA, le 13 février.
M. Ravalomanana a
laissé planer le doute jusqu'au décollage de l'avion. "J'y
vais, mais cela dépend encore de l'organisation logistique et de
l'évolution de la situation à Madagascar", a-t-il déclaré
à l'AFP une heure avant son départ.
"C'était
à celui qui partirait le dernier", s'amusait un observateur
étranger proche du dossier.
"La rencontre
est probable mais elle permettra seulement de poser les principes de base
pour une sortie de crise, sans entrer dans le détail d'une situation
extrêmement mouvante", analyse M. Andrianoelison.
"La crise est
malgache, le problème ne peut pas se régler à Dakar
mais entre Malgaches", a-t-il estimé, rappelant que M. Ratsiraka,
"invité en tant que chef de l'Etat, se rend d'abord et avant
tout au sommet sur le NEPAD et pour rencontrer ses pairs".
"Le président
Ravalomanana se rend à Dakar d'abord pour exposer la situation
économique de Madagascar, en tant que président", a
souligné de son côté un conseiller de M. Ravalomanana
sous couvert de l'anonymat.
M. Ravalomanana, qui
estime avoir remporté la présidentielle dès le premier
tour le 16 décembre 2001, s'est autoproclamé président
le 22 février, soutenu quotidiennement par des centaines de milliers
de manifestants dans la capitale, désormais sous le contrôle
de son "gouvernement".
Le camp Ratsiraka,
qui a organisé en province un véritable blocus de la capitale
et des hauts plateaux grâce à des barrages et des sabotages
de ponts, exige la tenue d'un second tour, rejeté par le camp Ravalomanana.
Le calme a régné
lundi à Fianarantsoa, point de crispation de la crise ces derniers
jours, selon des habitants sur place dans l'après-midi.
A quelque 400 km au
sud d'Antananarivo, la troisième ville du pays a été
le théâtre vendredi et samedi d'affrontements entre militaires,
gendarmes et policiers de chaque camp, qui ont fait au moins six morts.
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