Conférence à Dakar sur le financement du développement africain

DAKAR (AFP-15.04.2002) - La conférence de Dakar sur le financement par le secteur privé du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) s'est ouverte lundi, en présence de centaines d'opérateurs économiques et de dirigeants africains.

Prévue à 09H00 locales (même heure GMT), la cérémonie d'ouverture a démarré avec plus de deux heures de retard, à 11H05, pour des raisons logistiques, selon les organisateurs.

Le chef de l'Etat gabonais Omar Bongo présidait cette cérémonie, organisée dans le grand auditorium, archi-comble, du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES).

Une quarantaine de pays sont représentés, dont une vingtaine par leurs présidents, vice-présidents ou Premiers ministres.

La cérémonie devait initialement être présidée par le chef de l'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, président du comité de mise en oeuvre du NEPAD. Mais M. Obasanjo n'est pas venu à Dakar, pas plus que trois autres "poids lourds" du NEPAD, les présidents sud-africain Thabo Mbeki, algérien Abdelaziz Bouteflika et égyptien Hosni Moubarak.

Durant la cérémonie d'ouverture, le président kenyan Daniel arap Moi a pris la parole immédiatement après le mot de bienvenue du président Bongo, pour souligner que cette conférence était "une étape importante dans la courte vie du NEPAD", un plan adopté l'année dernière par les dirigeants africains.

Devaient ensuite intervenir le Sud-Africain Wiseman Nkulhu, président du "comité de pilotage" du NEPAD, Calisto Madavo, vice-président de la Banque mondiale, ainsi que des représentants du secteur privé venus de différents continents.

Après la cérémonie, le président sénégalais Abdoulaye Wade devait exposer en séance plénière les objectifs et "enjeux" du NEPAD, un plan de développement qui accorde un rôle fondamental au secteur privé.

Le secrétaire général de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), Amara Essy, devait également intervenir.

Des "ateliers" seront ensuite organisés sur différents thèmes.

L'objectif de la conférence de Dakar, qui durera jusqu'à mardi soir, est de nouer le dialogue entre les dirigeants africains et les entreprises privées susceptibles d'investir en Afrique, dans des secteurs considérés comme prioritaires par le NEPAD (infrastructures, éducation, agriculture, santé, nouvelles technologies, environnement...).

Pendant deux jours, M. Wade espère que les Africains réussiront à "persuader" les entrepreneurs étrangers de venir investir "massivement" chez eux et à les "rassurer" quant à la sécurité de leurs investissements.

En adhérant au NEPAD, les dirigeants africains s'engagent en effet à créer les conditions propices aux investissements, en s'efforçant de pratiquer une "bonne gouvernance" politique et économique, de prévenir ou régler les conflits, de lutter contre la corruption, de protéger les droits de l'Homme, etc.

En marge de la conférence, M. Wade espère tenter une médiation dans le conflit en cours à Madagascar, dont il a invité les deux protagonistes. Le "président" autoproclamé, Marc Ravalomanana, a quitté Magadagascar lundi matin pour Dakar. Le président sortant Didier Ratsiraka pourrait faire de même lundi soir.

Les chefs d'Etat présents à la cérémonie d'ouverture de la conférence étaient, outre MM. Bongo, Moi et Wade: Mathieu Kérékou (Bénin), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Joaquim Chissano (Mozambique), Maaouya Ould Taya (Mauritanie), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Pedro Pires (Cap Vert), Alpha Oumar Konaré (Mali), Mamadou Tandja (Niger).