Crise malgache: le Sénégal tente une médiationDAKAR (AFP) - Le président sénégalais Abdoulaye Wade, tentant une médiation dans la crise à Madagascar, attend les deux protagonistes, le président sortant Didier Ratsiraka et son rival Marc Ravalomanana, la semaine prochaine à Dakar. Wade avait annoncé mardi dernier qu'il comptait évoquer la crise malgache en marge de la conférence internationale sur le financement privé du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). Le président sortant Didier Ratsiraka a fait savoir qu'il prévoyait de venir à la conférence sur le NEPAD. Ravalomanana, le maire d'Antananarivo qui s'est autoproclamé président, semble également vouloir venir à Dakar. "Madagascar va tout droit à la guerre civile, peut-être à la partition", avait déclaré Wade, en indiquant être en contact avec l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) et avec "les deux camps" pour essayer de trouver une solution. Madagascar vit une sérieuse crise politique depuis le 22 février lorsque l'opposant Marc Ravalomanana s'est autoproclamé "président" à la suite du premier tour de la présidentielle de décembre 2001 dont il conteste les résultats officiels. L'armée malgache semble imploser. Samedi cinq militaires envoyés dans le ventre du pays à Fianarantsoa par le camp du président sortant ont été tués dans une embuscade tendue par des soldats obéissant au "président autoproclamé". C'est la première fois depuis l'indépendance en 1960 que des militaires malgaches ont ouert le feu contre d'autres militaires malgaches pour des raisons politiques. Les combats opposent
depuis vendredi dans la troisième ville du pays, à 400 km
au sud d'Antananarivo, des soldats, gendarmes et policiers fidèles
à Ravalomanana, épaulés par des civils qu'ils ont
armés, à des gendarmes et des militaires qui défendent
le palais du gouverneur "ratsirakiste" Emilson, où ce
dernier s'est retranché depuis plus de quinze jours. Au total,
le bilan des affrontements de Fianarantsoa est d'au moins six morts depuis
vendredi, selon des sources hospitalières et humanitaires concordantes:
un moine canadien, atteint vendredi de cinq balles dans le dos tirées
par des gendarmes légalistes, et les cinq militaires de l'embuscade. |