Cinq soldats tués à Madagascar par des partisans de Ravalomanana

AFP 13.04.02

ANTANANARIVO (AFP) - Cinq militaires ont été tués samedi matin et 18 ont été blessés à Fianarantsoa, au centre de Madagascar, dans une embuscade dressée par des partisans du "président" autoproclamé Marc Ravalomanana, selon des sources concordantes.

Les victimes faisaient partie d'un convoi destiné à renforcer la défense du palais du gouverneur fidèle au président sortant Didier Ratsiraka, ont précisé ces sources.

"Ce matin, 23 militaires sont rentrés à l'hôpital, cinq sont morts et 18 sont blessés", a déclaré à l'AFP le directeur de l'hôpital de Fianarantsoa, le Dr Léon Rakoto.

"Nous sommes tombés sur un barrage, ils nous ont laissé passer puis, quand nous sommes passés, ils ont ouvert le feu sur nous", a raconté un rescapé à l'AFP, au téléphone. Ses camarades et lui, venus de l'Ecole Nationale des Sous-Officiers d'Antsirabe (à environ 200 km au nord), avaient reçu l'ordre de quitter leur caserne pour une "mission inconnue".

Leur mission était de renforcer la défense du palais du gouverneur, assiégé depuis vendredi matin par des militaires, gendarmes, policiers et civils armés partisans de M. Ravalomanana, a-t-on appris de source militaire indépendante.

"Il s'agissait de forces armées venues du nord pour renforcer les éléments de la rébellion", estime Pety Rakotoniaina, le haut fonctionnaire nommé par M. Ravalomanana pour remplacer le gouverneur "ratsirakiste". M. Rakotoniaina essaie en vain de s'installer depuis deux semaines au palais, que le gouverneur Emilson, épaulé par des militaires bien armés, refuse de quitter.

"Ils ont ouvert le feu sur nos partisans qui tenaient le barrage et qui ont riposté", selon la version de M. Rakotoniaina qui parle, lui, de neuf morts dans le camp adverse.

Vendredi, les deux camps ont affirmé avoir infligé des pertes à l'adversaire, mais ont nié avoir des morts dans leur propre camp. Seule la mort d'un moine canadien a été confirmée de source hospitalière.

"Il n'est toujours pas possible d'aller chercher les morts ou les blessés car ils tirent sur les ambulances", déplore le Dr Rakoto sans préciser l'origine des tirs.

"La nuit a été calme et les combats n'ont pas repris ce matin", a déclaré au téléphone un garde du corps du gouverneur Emilson.

"La nuit a été calme, et nous n'avons pas l'intention ce matin de combattre, je ne vais pas m'installer au palais aujourd'hui, car l'opération n'est pas terminée, il faut déloger les forces rebelles", a déclaré Pety Rakotoniaina.

"Nous avons notre stratégie, aujourd'hui, nous devons plutôt renforcer les barrages en ville après ce qui s'est passé ce matin", a-t-il expliqué.

Fianarantsoa, troisième ville du pays, est sous le contrôle des partisans de M. Ravalomanana, en dehors du gouvernorat.