«L’ère Ratsiraka est bien révolue» selon Monja Roindefo du Monima

Midi Madagasikara 09.09.2002

Lors d’une conférence de presse qui a eu lieu au mois d’août dernier, le Monima a assuré qu’il reconnaissait le pouvoir de Marc Ravalomanana, même s’il avait soutenu l’amiral lors de l’élection présidentielle de 2001. Mais ceci n’empêche que le parti, dirigé par Monja Roindefo, opérateur économique de 37 ans, garde un œil critique sur la situation politique de la nation, et « œuvre pour une sortie de crise économique », selon les propos de son leader. Les points de vue du Monima, en la personne de Monja Roindefo.

Midi : Le Monima a soutenu Didier Ratsiraka lors de l’élection présidentielle de 2001. Mais actuellement, le contexte politique a fondamentalement changé. Quelle est la position de ce parti en ce moment et comment analysez-vous la situation politique du moment ?

Monja Roindefo : Nous avons soutenu Didier Ratsiraka sur la base d’un programme que le Monima a proposé. Parmi les points mentionnés dans le programme figure la libre circulation des biens et des personnes et l’extension rationnelle des réseaux routiers à Madagascar.

Cela pour dire que nous nous sommes engagés pour un programme, pas pour une personne et nous n’avons pas non plus géré les élections. Malgré les péripeties qui ont amené le nouveau pouvoir actuel en place, le Monima reconnaît de facto - comme beaucoup - le pouvoir du président Ravalomanana. Pour l’histoire, la page est tournée et l’ère Ratsiraka est bien révolue.

Quant à une gestion rationnelle de notre société, de notre développement et pour œuvrer sainement pour la sortie de crise économique profonde actuelle, le Monima pense que le pays a besoin d’une reconnaissance de droit qui impliquerait notre retour au sein des sociétés des Etats, le respect intrinsèque de la bonne gouvernance et de la démocratie pour l’utilisation optimale des ressources humaines de la Nation au profit du peuple malgache tout entier. Le Monima s’est aussi employé à concrétiser la réconciliation nationale. Nous souhaitons vivement que cette réconciliation nationale puisse amener notre Nation et notre République à la normale, car il est temps d’agir avant que le pays ne sombre davantage dans une crise économique sans précédent. C’est pour cela que nous nous posons en baliseur actif de la vie nationale et travaillons avec toutes les bonnes volontés dans ce sens.

Midi : Est-ce que le Monima a des propositions de sortie de crise pour Madagascar ?

Monja Roindefo : Je crois que la stratégie de relance de notre économie dans la bonne gouvernance et la démocratie doit tenir compte du diagnostic de la coupe de notre économie.

Si nous ne faisons pas attention, nous allons encore sombrer davantage, car la lutte contre la corruption, par exemple, ne devrait pas amener à la cessation des activités informelles de l’économie malgache qui fait vivre plus de 60% de la population active, car dans la fonction de production, les charges fiscales disproportionnées et destructuralisées ont des effets de suppression et de ségrégation du secteur qui a plutôt des effets anti-pauvres. Leur intégration doit être graduelle et rationnelle. L’arrêt du recouvrement des coûts dans des hôpitaux - par exemple - ne devrait pas amener à la rupture des stocks en médicaments des hôpitaux. Bref, ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Et nous déclarons tout cela parce que nous sommes des baliseurs actifs. Et pour pouvoir prendre part à ce redressement économique du pays en général, le Monima prépare activement les législatives - même si nous allons vendre nos bœufs - et souhaite que le voile de l’inquiétude et de l’incertitude par rapport à l’activité politique soit levé.

Midi : Où en sont les préparatifs du Monima pour les élections législatives ?

Monja Roindefo : Pour les élections législatives, nous pensons que le parlement est le reflet de la démocratie. C’est à partir de là que nous pourrions repartir sur une nouvelle base pour rediscuter de la mise en œuvre de la bonne gouvernance, de la démocratie et du respect de la Constitution qui fait l’Etat, son émanation.

Midi : Quel est l’avenir du parti ?

Monja Roindefo : Le parti Monima est serein parce qu’il a des repères et une vision politiques. Il entend les mettre en contribution pour le développement de notre pays.

Le président du parti que je suis, est jeune -37 ans- et le Monima entend s’inscrire dans la durée. Nous pouvons encore dire -sans fausse modestie- que malgré nos faiblesses financières, le Monima compte encore des milliers de membres fidèles et sympathisants au parti, surtout parmi les paysans. Nous comptons des intellectuels et des techniciens dans nos rangs et nous intégrons progressivement des jeunes, avec des expertises suivant le contexte actuel de la mondialisation. Je crois que c’est un atout.

Bodo A.