"J'AI REFUSE ET JE REFUSERAI D'ETRE MINISTRE OU AMBASSADEUR", déclare Norbert Ratsirahonana

Midi Madagasikara 16.01.2003

Les spéculations et supputations vont bon train à propos du remaniement. Les bruits circulent avec insistance que l'AVI aurait décidé de ne pas entrer dans le nouveau gouvernement. Son président, Norbert Ratsirahonana, n'est pas de cet AVIs, en nous répondant hier, vers 16h 30, que "nous sommes au stade des consultations avec le Premier ministre".

Olivier Rasamizatovo

Consultations

Il pense d'ailleurs et trouve "normal que tout le monde soit consulté". Pour l'ancien Premier ministre, "c'est une pratique courante dans une démocratie que de consulter toutes les forces politiques, sans que cela signifie forcément qu'elles vont siéger toutes au sein du gouvernement". Avant d'ajouter que "les consultations qui seront bouclées ce soir ou demain matin (entendez aujourd'hui), ne se traduisent ou ne se réduisent pas non plus en nombre de portefeuilles ministériels, mais aussi en termes de structure et de programme de gouvernement". L'ancien chef d'Etat de souligner que "la question de ministères est juste un élément des consultations". A son corps défendant de révéler le nombre de portefeuilles demandés par ou accordés à l'AVI. "Cela relève de la compétence du président de la République", reconnaît-il. En tout cas, il se défend de faire du marchandage. Ce qui ne l'empêche pas de faire remarquer que "le critère fondamental dans l'attribution du nombre de ministères reste et demeure, le rapport de forces dans les travées de l'Assemblée nationale".

"Realpolitik"

En tout état de cause, Norbert Ratsirahonana n'entend imposer quoique ce soit ni au président de la République ni au Premier ministre, même si l'AVI a des souhaits et des suggestions, comme tout le monde. Concernant notamment l'effectif du cabinet. "Le pays ne peut pas supporter un gouvernement de 32 membres. Si je l'avais fait à l'époque, c'était dans un contexte d'une union nationale à affirmer, où il fallait que toutes les forces politiques composant l'Assemblée nationale, soient représentées. Ce qui n'est plus justifié actuellement". Personnellement, Norbert Ratsirahonana estime que "le nombre de ministres devrait se situer entre 20 et 22 au maximum". Est-il pour le rétablissement de postes de vice-PM ? "Si j'en avais nommé 3 du temps où j'étais à la Primature, c'était toujours pour ces impératifs d'union nationale". Briguerait-il un nouveau bail à Mahazoarivo ? "La realpolitik voudrait que les chefs d'Institution reflètent l'unité nationale", déclare-t-il. A son AVIs, ce ne serait pas réaliste de le nommer PM.

Amalgame

"Compte tenu de toutes les fonctions que j'ai occupées, l'important pour moi, est de participer au développement rapide et durable du pays, même sans un titre quelconque. Ce n'est pas forcément à un poste déterminé qu'on peut y œuvrer. Je ne me suis plus, par exemple, porté candidat aux législatives. C'est mon fils qui a pris la relève. En ce qui me concerne, j'ai refusé et je refuserai d'être ministre ou éventuellement ambassadeur". Est-ce à dire qu'il a été consulté pour faire partie du gouvernement ou pour être ambassadeur quelque part ? L'homme élude la question. Il refuse même de préciser si c'était dans le passé ou maintenant, qu'il a décliné le poste de ministre. Pour lui, l'important, c'est que ce gouvernement, à qui il souhaite plein succès, "soit mis en place rapidement et dans les meilleures conditions et qu’il reflète, autant que possible, l'unité nationale, sans verser toutefois dans un amalgame qui serait préjudiciable à sa cohésion et à sa cohérence".